Dead men tell no tales,
Pirates des Caraïbes, les Morts ne racontent pas d'histoires...
- Password ? God, mmh, mot de passe ?
- Sang Royal...
Alors, dans un long grincement, le battant s'ouvrit et la silhouette se faufila dans la demeure. Elle n'enleva sa capuche que quand la porte fut refermée derrière lui. C'était un homme d'une soixantaine d'année. Ses cheveux grisonnaient et sa barbe, quand à elle, blanchissait à vue d'½il. Il tourna son regard couleur outremer vers celui qui lui avait ouvert et demanda :
- Comment est-ce que ça va ?
- Very good ! Très bien, merci ! And you ?
- Bien.
La personne qui lui avait ouvert la porte sortit de l'ombre. Ses cheveux étaient couleur feu et ses yeux bleus faisaient la sensation d'eau éteignant un incendie qui se serait allumé sur son crâne. Il ne devait pas avoir plus de trente ans.
- Puis-je directement y aller ? demanda le vieil homme.
- Yes ! Bien sûr, Lord Jonathan !
Lord Jonathan acquiesça et attendit paisiblement que le jeune anglais daigne lui ouvrir la marche. Ce dernier s'approcha d'un tapis, le souleva, secoua de la poussière et montra au Lord une trappe qui était cachée sous le tissus. Il souleva un crochet de fer et en grinçant des dents. Lord Jonathan, en le voyant, pensa immédiatement qu'elle devait être très lourde.
- Ca va ? Vous avez besoin d'aide ?
- No problem, my lord ! Ca va très bien !
Dans un ultime effort, l'homme parvint à ouvrir la trappe en entier. Il sortit alors un mouchoir noir de sa poche et s'en le passa sur la sueur qui recouvrait son visage. Il le rangea ensuite dans sa poche et se tourna vers Jonathan en souriant.
- Vous pouvez y aller...
Il donna encore une torche au vieil homme et s'effaça pour lui laisser la place. Lord Jonathan s'avança, puis hésita. Devant lui, il y avait un escalier en bois et ensuit, plus que du noir. Il inspira, mais finit quand même par s'avancer. Il descendit les marches le plus vite possible et quand il arriva en bas, il entendit un "BOUF", preuve que la trappe s'était refermée derrière lui. Autour de lui, il n'y avait rien, sauf un long corridor qu'il s'empressa de longer. Il marcha une bonne dizaine de minutes, jusqu'à ce que soudain, une lumière apparaisse devant lui. Il continua sa marche et bien vite il arriva à un endroit où les murs étaient couverts de torches qui flambaient doucement. Il frissonna et s'arrêta enfin devant une petite porte qui était à se droite. Il frappa sur le bois, puis entra. Il ferma derrière lui le battant et regarda où il se trouvait. Une longue table était posée au milieu d'une gigantesque pièce, ornée de torches et une douzaine de personnes étaient assises sur des sièges. Quand il entra, tous les regards fusèrent dans sa direction et celui-ci baissa la tête pour saluer tout le monde.
- Vous êtes tout juste à l'heure, Jonathan..., murmura un grand homme, qui semblait être celui qui dirigeait.
- Excusez-moi, mais j'ai eu des... petits ennuis en venant jusqu'ici.
- Bon, mais de toutes façon, le principal, c'est que vous soyez là avec nous.
Jonathan alla s'asseoir à la table, prenant place à côté d'une femme et d'un homme.
- Pourquoi nous sommes-nous réunis ? demanda le vieillard.
- Pour l'élection, répondit une femme à l'autre bout de la table.
Lord Bronslow haussa les sourcils.
- Pour l'élection ? répéta-t-il. Quelle élection ?
- Après la mort de Lord Cutler Beckett, nous n'avions d'autres chois que d'élir un nouveau président pour la Compagnie des Indes Orientales..., expliqua un homme barbu.
- Et qu'attendons-nous pour commencer ?
- Nous attendons Lord Steve Bronslow... Il doit normalement venir, mais il nous a informé qu'il aurait peut-être un empêcheme...
Soudain, dans un grand bruit, la porte s'ouvrit une autre fois. Dans son embrassure se tenait un homme très grand. Il fit quelques pas après avoir refermé la porte. Il avait un visage inexpressif et des yeux noirs comme de la braise.
- Excusez-moi pour mon retard, dit-il.
- Ce n'est rien... Mais sans plus attendre, passons immédiatement au vote pour élir le nouveau président de la Compagnie des Indes Orientales... ! s'exclama le grand homme.
Une femme maigre distribua aux quatorze hommes une feuille. Et se replia dans l'ombre d'un mur. Le grand homme désigna les parchemins.
- Sur vos feuilles, vous écrirez chacun celui que vous voyez le mieux apte à en avoir ce rôle. Mais attention ! Vous n'avez aucunement le droit de voter pour vous-même... !
Tous acquiescèrent et commencèrent à écrire sur leur feuille, grâce aux plumes qui se trouvaient devant eux. Une minute se passa en silence, jusqu'à ce que la femme maigre prenne les parchemins de tout le monde et ne les pose devant le grand homme en disant :
- Voilà, Lord Frederik...
- Merci.
Lord Jonathan regarda toutes les personnes conviées ce soir. Tous regardaient anxieusement Frederik en train d'empiler les feuilles sur plusieurs tas, afin de voir qui avait le plus de votes, sauf Lord Bronslow. Lui seul souriait en regardant Frederik. Au bout d'un moment, le grand homme se leva et s'exclama :
- Voilà, c'est terminé !
Tous bougèrent dans leurs fauteuils nerveusement.
- Je vais vous dire les trois personnes qui ont eu le plus de voix. En troisième position, Lord Nabert, avec deux voix ! Ensuite, Lord Jonathan avec quatre voix... Puis en première position, Lord Bronslow avec six voix... !
Il y eut un tonnerre d'applaudissement dans la pièce.
- Lord Bronslow, vous voici à la tête de la Compagnie des Indes Orientales ! s'exclama Lord Frederik. Puissiez-vous être digne de la succession de Lord Cutler Beckett !
Bronslow sourit et leva sa main pour demander le silence :
- Merci mes amis pour m'avoir élu ! Devant vous, aujourd'hui, je fais le serment...
Un nouveau sourire, mais bien plus froid cette fois déforma les traits de son visage, et Jonathan ne put s'empêcher de frissonner.
- ...oui, je fais le serment que je délivrerais les mers des Caraïbes des pirates qui déciment nos armadas et que je continuerais la mission qu'avait commencé Lord Cutler Beckett !
Dans un nouveau tonnerre d'applaudissement, Lord Jonathan ne put s'empêcher de se demander s'il avait bien fait de voter pour cet homme.
