Dead men tell no tales,
Pirates des Caraïbes, les Morts ne racontent pas d'histoires...
- Mais... Que diable faîtes-vous ici, Jack ?
Jack se mordit la lèvre.
- Je suis venu te retrouver, poupée ! dit-il en tentant de faire son sourire le plus charmeur, qui se transforma certainement en grimace.
- Arrêter de faire votre idiot, Jack ! Je n'ai pas que ça à faire...
- Mais moi non plus, Elizabeth !
- Je pourrais tout aussi bien partir maintenant et vous laisser seul ici, et je dois avouer que ça me démange assez affreusement, étant donné que chaque fois que je vous rencontre, il m'arrive des catastrophes !
- Quoi... ? Mais.... ? Je... ?
Jack se dit qu'elle avait vraiment du culot pour lui dire cela.
- Mais attendez ! Vous m'enlevez les mots de ma bouche !
- Arrêtez, Jack !
- Arrêter ? Moi ? Non, vous !
- Vous !
- Moi ? Vous !
- Vous !
- Vous !
- Vous !
- Stop ! s'écria Jack en levant les bras.
- Vous admettez ?
- Pis quoi encore !
Elizabeth ne pût s'empêcher de sourire.
- Et que faîtes-vous ici ? Ne deviez-vous pas être sur votre grand et merveilleux Black Pearl ?
- Je... En réalité, je suis venu réquisitionner un de ces merveilleux navires...
- Ah oui ?
- Oui... Et celui-ci me plaît assez ! avoua le pirate en désignant l'Invulnérable.
- Bien... Mais ne vous avisez pas de toucher à mon navire !
- Votre navire ? C'est votre bâtiment ?
- Oui... Pourquoi ? Les femmes ne sont pas censées avoir leur propre bateau ?
- Loin de moi l'idée absurde de penser pareilles sornettes.
- Bien...
- Et que comptez-vous faire avec ce bateau ?
- Tenter de rejoindre Will.
- Ah, ce cher William.
Jack se gratta la tête et regarda son campas qui pointait tour à tour Elizabeth et l'Invulnérable. Il fronça les sourcils, puis se massa distraitement les paupières.
- Je ne comprends pas...
- Quoi donc ?
Elizabeth contourna Jack et regarda le compas.
- Jack...
- Je vous jure que je ne...
- Madame ?
Elizabeth tourna son regard vers un homme sur le navire.
- Qu'y a-t-il ?
- Nous sommes prêts à appareiller... Malheureusement, nous devrons retarder notre voyage de quelques jours, le capitaine du bâtiment étant tombés malade.
- Il n'y a pas d'autre capitaines pouvant diriger ce navire ?
- Malheureusement, c'était le dernier... Tous les autres font parties de l'armada de Lord Bronslow...
- D'accord, merci...
Jack sourit à Elizabeth.
- Ah, ça fait plaisir de constater que vous avez besoin de moi ! s'exclama Jack d'un air malicieux.
- Quoi ? besoin de vous ? Mais je ne...
- ATTENTION !
BAM !!!
Jack se releva en même temps que Elizabeth et constata que des hommes de la Compagnie des Indes Orientales rechargeaient leurs fusils. Jack se retourna, prit Elizabeth par le bras et s'exclama :
- Courrez !
Elle ne prit pas le temps de réfléchir et s'élança à la suite de Jack, alors que les tirs résonnaient derrière eux et que le bois et la pierre volait en éclat autours d'eux, explosés par les balles des fusils. Elizabeth prit rapidement de l'avance sur Jack et elle tourna dans une ruelle, son compagnon derrière elle.
- Vite ! cria-t-elle derrière elle.
- Eh oh ! résonna la voix de Jack derrière elle. C'est pas parce que vous avez de l'avance sur moi que vous devez en profiter, hein !
Elizabeth réprima un ricanement et s'engagea dans une autre ruelle. Elle couru quelques mètres, avant de se rendre compte qu'elle menait à un cul-de-sac. Jack arriva en courrant et l'informa :
- Y sont derrière nous...
Il constata alors qu'ils étaient pris au piège.
- Si c'est une plaisanterie de votre part, ce n'est pas drôle, sourit-il.
Il marcha jusqu'au mur qui les empêchait d'aller plus loin et frappa dessus d'un coup de poing. Il sautilla alors sur place de douleur, en agitant sa main de tous les côtés et en jurant tous les dieux qu'ils connaissait.
- Ok ! acquiesça-t-il. C'est pas une plaisanterie...
Il entendit les bruits de pas derrière lui et, se retournant, il vit les premiers soldats arriver et se mettre en position, prêt à faire feu. Jack haussa un sourcil et avisa une corde à sa gauche. Il s'exclama à Elizabeth :
- Accrochez-vous à moi !
Alors que Jack s'agrippait à la corde (et Elizabeth au pirate, il sortit un couteau de sa poche et d'un coup vif, il trancha les fibres sous sa main, ce qui les fit décoler du sol au moment même où résonnait des coups de feu. Sans le faire exprès, Jack lâcha la corde et se laissa tomber en chute libre. Heureusement, comme toujours, la chance était avec lui et il tomba avec Elizabeth dans l'eau d'une fontaine. Il aida la jeune femme à en sortir et regarda autours de lui. Seuls quelques personnes les regardaient, se demandant ce qu'ils faisaient.
- Venez, vite !
Jack traîna Elizabeth derrière elle dans les rue, puis enfin, après dix minutes de course, arriva dans le port. Il regarda autours de lui, et avisa Gibbs courrant vers lui en secouant les bras et en s'exclamant :
- Capitaine ! Capitaine !
Il arriva vers les deux personnes et s'inclina devant Elizabeth :
- Bonjour, Mrs Turner !
- Bonjour, Mr Gibbs, salua Elizabeth.
- Qu'y a t il ? questionna Jack en regardant son marin.
- J'ai entendu des coups de feu, Capitaine... Je me suis dit que...
- Que rien du tout ! Où est la barque ?
- La barque ? Ah, la barque... Rien pût faire, Capitaine. Elle avait quatre trous de plus quand je l'ai quittée !
- Je vous avais dit de maintenir vos positions, Monsieur Gibbs !
- Mais...
- Pas de ça !
- Mais...
- Pas de ça !
- Mais...
- Stop !
- Mais...
- Stop !
Des bruits de pas se firent entendre derrière eux. Elizabeth leur cria :
- Je ne veux pas vous déranger, mais je crois que nous avons de la visite.
- Probablement, dit Jack en écoutant le bruit de pas qui venait dans leur direction. Allons vite à votre navire !
Les trois compagnons s'élancèrent en même temps, puis, au bout de cinq minutes, ils arrivèrent devant l'Invulnérable. Ils virent avec stupeur que le navire était prêt à partir, que les voiles étaient déjà déployées, les amarres détachées et que des marins s'empressaient sur le pont, chacun préoccupé par une tâche leur ayant été confiée.
- Que... ? demanda Elizabeth.
- Je suis déjà passé par ici et je leur ai conseillé de se préparer à partir en vitesse, Madame, expliqua Gibbs.
- C'est bien, Monsieur Gibbs ! le félicita Jack. Vous avez au moins été prudent.
- Merci, Capitai....
De nouveaux coups de feu claquèrent autours d'eux et les trois amis se dépêchèrent de monter à bord du navire. Aussitôt qu'ils furent sur le bateau, deux marins remontèrent la planche de bois sur laquelle ils étaient montés et la callèrent sur le bâtiment. Elizabeth se tourna vers Jack :
- Je n'ai pas le choix..., grimaça-t-elle.
- Eh non, poupée...
- Dans ce cas, vous m'aiderez à retrouvez Will ?
- Eh ben... je...
Il soupira :
- D'accord, je vous aiderais...
Il se ressaisit et s'écria immédiatement :
- Prêt à quitter le port, moussaillons !
Il bondit à côté de la barre, congédia d'un revers de main le matelot qui se chargeait de diriger le navire et commença à le diriger vers la sortie du Port. Des tirs résonnèrent autours du bateau, parfois faisant envoler des morceaux de bois. Quand un des hommes d'équipages cria et tomba sur le plancher du navire, tous les matelots jurèrent et tirèrent à leur tour sur les soldats de la Compagnie des Indes Orientales. Quelques uns tombèrent dans l'eau, la rougissant petit à petit à cause de leur sang.
Jack commença à rigoler alors qu'ils sortaient du port et lança à Elizabeth et Gibbs, tout joyeux :
- Ces petits gars savent se débrouillez... C'est parfait !
